Le phénomène Villiers

Publié le par Michel

Le phénomène Villiers

En tête des ventes avec “Le moment est venu de dire ce que j’ai vu” (Albin Michel), l’ancien candidat à la présidentielle savoure sa résurrection. Et se met à rêver… Confidences. « Vous croyez que je fais tout ça par hasard ? »Il nous accueille avec cette formule, un jour gris d’automne, entre une émission de radio et un entretien avec un quotidien. Sa vie est ainsi faite, depuis le 1er octobre : Philippe de Villiers court les plateaux, répond aux questions et glisse son diagnostic, décapant. On le retrouve au restaurant La Rotonde, où il a établi son quartier général, au premier étage. Depuis cette table ronde placée sous la fenêtre, avec une vue imprenable sur le boulevard du Montparnasse, là même où il convie à déjeuner ses amis Éric Zemmour et Patrick Buisson, Philippe de Villiers cisèle ses formules, peaufine ses arguments, ressasse ses analyses. Fourbit ses armes, serait-on tenté d’écrire. Pour un peu, il aurait des airs de général à la veille d’une bataille, arcbouté, alerte, tendu vers son objectif. Pour garder la forme, il engloutit un oeuf en meurette et une pièce du boucher, ou bien des viennoiseries, qu’il peut arroser d’un chocolat chaud onctueux, selon l’heure du rendez-vous. Cette nouvelle vie a commencé avec la parution de son livre Le moment est venu de dire ce que j’ai vu (Albin Michel), immédiatement propulsé en tête des ventes (lire notre encadré). S’il reconnaît s’être attendu au succès de ce livre, « écrit avec une plume de feu, en mettant toutes [s]es tripes sur la table », Villiers se dit toutefois surpris par cette « flambée continue ». Et se réjouit du piège tendu à la « médiacaste » : « C’est un livre grenouilles-nénuphars », métaphorise-t-il. Les anecdotes, allègrement distillées au fil des pages de son ouvrage, sont ainsi jetées comme des chiffons rouges autour des nénuphars « et quand les grenouilles arrivent, boum, je tire ! » La ruse a fonctionné : la presse s’est ruée sur le croustillant et le public, alléché, a découvert la complainte douloureuse d’un passionné de la France. Il y retisse le fil de la déconstruction du pays, nomme les fossoyeurs, tire le signal d’alarme. Face à « l’islamisation de la France », son livre est « le début de la Reconquista »

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