Philippe Darniche le 6 juin 2014 sur les valeurs de la société française

Publié le par Michel

M. Philippe Darniche. Au mois de septembre, comme d'autres collègues ici présents, je ne briguerai pas un nouveau mandat de sénateur. À l'aune de cette étape politique, je regarde derrière moi, taraudé par cette question : quel monde sommes-nous en train de transmettre à nos enfants ? 

Alors, je me permets de poser la question suivante au Gouvernement : quelle société veut-il transmettre aux générations de demain ? 

Depuis plusieurs décennies, je vois s'écrouler les repères qui ont façonné ma vie. Je pense à mon éducation familiale. Je pense à ces liens de fidélité qui ont permis de construire une famille. Je pense à cette société qui accueillait les petits, et protégeait les faibles et nos aînés de génération en génération. 

Aujourd'hui, je constate que le Gouvernement remet en cause la nature. Rien de plus, rien de moins ! Avec les ABCD de l'égalité, par exemple... Votre obsession de déconstruire les stéréotypes revient à déconstruire la complémentarité. 


M. Alain Bertrand. N'importe quoi ! 


M. Philippe Darniche. La différence entre homme et femme, vous ne l'acceptez pas, car vous ne concevez pas que le mot « complémentarité » puisse exprimer respect et enrichissement. 

Cette complémentarité devait rester la référence dans le mariage entre un homme et une femme, et dans l'éducation à transmettre à leurs enfants. 

On doit aimer la vie. On doit aimer et respecter nos anciens, car ils sont la pierre sur laquelle s'est construite notre histoire. C'est le devoir filial. On doit s'émouvoir devant le malade, le handicapé, car dans son corps blessé, c'est notre humanité qu'il porte. Et pourtant ! 

Que faites-vous lorsque 96 % des fœtus porteurs d'une trisomie 21 sont tués par avortement au seul prétexte de leur maladie ? Pourquoi avoir dissocié avortement et détresse ? Pourquoi avoir rendu gratuite la pilule contraceptive pour les jeunes filles dès l'âge de quinze ans ? Vous les déresponsabilisez en leur faisant croire que, dans la vie, la liberté, c'est assouvir tous ses désirs, alors même que ceux-ci peuvent vous rendre esclaves. 


Mme Catherine Tasca. Et vous, vous êtes responsable ? 


M. Philippe Darniche. De quelle liberté parlez-vous quand nos aînés, touchés par le poids des ans, quand nos concitoyens malades sentent le risque de se voir supprimer par une société qui bouleverse les codes multiséculaires de l'accompagnement de fin de vie ?


M. Alain Bertrand. Arrêtez de faire la morale ! 


M. Philippe Darniche. Que faire de ce monde qui ne respecte plus les lois non écrites inscrites dans le cœur de l'homme ? 

De manière générale, le bateau France part à la dérive. Chaque jour les indicateurs le démontrent. (Exclamations sur les travées du groupe socialiste.) 


M. Alain Bertrand. Et les jeunes sont mauvais, aussi ?... 


M. Philippe Darniche. Les Français désorientés se réfugient dans les extrêmes. Face à l'augmentation du chômage, vous faites diversion et proposez un projet de réforme territoriale bâclée, sans aucune concertation. Face à l'explosion de l'insécurité, vous ne trouvez rien de mieux que de proposer un texte favorisant le laxisme pénal. (Murmures sur les mêmes travées.) 


M. Alain Bertrand. Démagogie ! 


M. Philippe Darniche. Les générations futures ne peuvent être sacrifiées. Je m'adresse au Gouvernement dans son ensemble : quand cesserez-vous d'abîmer la France ? (Applaudissements sur quelques travées de l'UMP.)

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