Philippe de Villiers : "L'homme politique n'est jamais bien loin"

Publié le par Michel

 

Philippe de Villiers était de passage à Lyon jeudi pour présenter son nouveau livre, Le roman de Charette. A travers ce livre, cet amoureux de la Vendée, retiré de la vie politique depuis 2010, retrace ce pan méconnu de l'histoire qu'est la Guerre de Vendée (1793-1796). Mais derrière l'écrivain et l'historien, l'homme politique demeure.

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Un jeune Vendéen, timide à l'excès, devenu héros de la marine royale puis de la Guerre de Vendée (1793-1796), qui a opposé révolutionnaires et Vendéens royalistes. L'histoire d'Athanase Charette est peu connue. Pour Philippe de Villiers, qui relate sa vie dans son dernier livre, Le roman de Charette, elle est même "tabou".

"Un acte politique"

Un souverainiste vendéen qui écrit sur un héros contre-révolutionnaire, surnommé "Le Roi de Vendée". On comprend que Philippe de Villiers n'a pas choisi le personnage de Charette au hasard. D'ailleurs, il l'avoue de lui-même, " ce livre est un acte politique ". Officiellement l'ancien président de conseil général de Vendée s'est retiré de la vie politique voilà deux ans, mais " quand on a été un homme politique, un vrai, on le reste toujours un peu. " Et jeudi, dans l'amphithéâtre de la Faculté catholique de Lyon, où il tenait une conférence pour présenter son livre, il n'a pas même essayé de refouler les relents de sa vie passée.

"Un génocide oublié"

Lorsqu'il évoque Charrette, soi-disant homme à femmes, cet opposant au "mariage pour tous" ne peut réprimer un commentaire : "On ne va tout de même pas lui reprocher d'être hétérosexuel ? … Vous voyez, l'homme politique n'est jamais bien loin. Mais désormais, je peux me permettre de dire tout ce que je veux". Et il se permet notamment de parler du "génocide oublié". "Pourquoi les Vendéens devraient-ils accepter une mort sans sépulture ?", fustige Philippe de Villiers, dénonçant l'absence de recherche de la part des historiens sur cet épisode historique qui a fait plus de 200 000 morts.

"Écrire ce livre était un devoir". Un devoir envers sa région, mais aussi envers un "ami de la famille", le dissident russe Soljenitsyne, auteur de l'Archipel du Goulag, qui lui a personnellement demander d'écrire sur cette période, "prémices de l'idéologie totalitaire". Et de préciser : "Quand j'étais petit, on n'avait pas le droit de parler de la Vendée en raison d'une culpabilité persistante, raconte Philippe de Villiers. J'ai fait le Puy du Fou pour que la Vendée soit connue, j'ai écrit Le roman de Charette pour qu'elle soit aimée. "

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